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New York Melody

Il faut que je vous parle d'un film... L'on pourrait croire au premier abord que l'histoire conte une romance, oui, mais c'est l'amour de la musique qui transparaît tout d'abord. C'est un film dédié à la musique, aux ballades, à la poésie, aux instruments que j'affectionne particulièrement : piano, violon ; aux personnages délicats, aux sentiments nébuleux, aux moments d'une vie, à ces tromperies, à ces réjouissances, à la créativité. 

Begin Again (son titre en anglais) narre la rencontre de deux êtres fragiles, deux personnages ayant vécu chacun une rupture difficile : lui est producteur à la dérive, elle est compositrice, chanteuse. Le cliché du bar est bien amené, le lieu commun devient alors une scène tendre, charmante, où l'esprit légèrement alcoolisé imagine les accompagnements. La voix de Keira Knightley est divine, et les chansons semblent écrite pour elle. Elles dégagent une aura teintée de mélancolie, de tristesse à laquelle se mêle des moments de joie. Ce qui touche dans ces images c'est la véracité des personnages, bien que certaines scènes soient prises dans une règle du déjà vu, elles sont transformées pour transporter le spectateur. L'industrie de la musique également y est bien représentée, cet appas du gain qu'éprouvent et désirent les producteurs se répercutent, métamorphosent les rêves utopiques du début de carrière. Le film ne s'éloigne pas dans divers sujet, tel un bouquet il réunit ses pétales pour éclore en une linéarité voyageuse.  

La force repose dans ses cadrages, dans sa luminosité, les costumes aussi se taillent aux caractères des personnages, ces derniers construits en délicatesse offrent une palette d'émotion sans pourtant partager la transcendance. Le film, humble, n'attend pas des prix sublimes seulement raconter une anecdote qui changera la vie tout de même des deux protagonistes. On attendait cependant le baiser, cette romance promise dans le synopsis, ne lisez pas, vous serez déçus. Ils sont liés par une amitié platonique, une affection qu'éprouverait deux amis. Je ne reste pas mitigée, un peu confuse peut-être, en y réfléchissant je me demande si c'était là un souhait de la part des producteurs pour sortir du lot de ces stéréotypes ou simplement le fait que cette idée se prêtait bien au scénario. Le deuxième choix est possible quand on regarde la construction manipulée avec aisance. Simple, épuré, modeste, ce film reste pourtant un moment de douceur et de tendresse, un moment où l'on s'abandonne dans les bras de la musique, des berceuses chantées, du caractère brûlant, affirmé de la jeune femme.

L'espoir tonne entre les répliques, et les événements partagés ; au lieu de rester assoupi dans le malheur l'histoire, au contraire, peint aux nuances du bonheur où règnent quand même quelques tristesses, de rancœur, de maladresse, d'hésitation. L'on pourrait se focaliser sur les certains choix négatifs : l'acteur du groupe Maroon Five qui joue son rôle de chanteur notamment, facilité scénaristique non dérangeante néanmoins. J'aime ces films sans fioritures proposant une narration cohérente, teintée d'émotions. La direction artistique ne s'emballe pas mais reste soignée, les images agréables à regarder dévoilent une atmosphère plaisante agrandissant le confort du spectateur. Il se laisse voir comme une mer calme où les vagues apaisent l'âme.

Vagabonde.

2 commentaires:

  1. Pour moi, ce fut également une très belle découverte, totalement inattendue ! :-)

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    1. Je suis totalement d'accord avec toi ! J'ai beaucoup aimé, je l'ai trouvé très doux.

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